Le Kebab...

05 février 2009

Le Djerba - Lille

En flânant du côté de la gare Lille Flandres avec pour but bien avoué la quête du joyau ultime, vous découvrirez pléthore de petites échoppes colorées, qui permettent en seulement quelques foulées, de faire le tour de la "gastronomie" orientale. Ce que l'on peut appeler le Croissant Fertile de la ville, regorge d'autant d'enseignes que d'invitations au voyage dont l'énumération exhaustive serait un périlleux exercice : Riad, Djerba, Pyramide... Le simple fait de pousser la porte d'un de ces établissements vous procurera sans nul doute votre dose hebdomadaire d'exotisme.

Face à une concurrence acerbe dans ce quartier, certains kebabs innovent en optant pour une stratégie "pull", c'est à dire que l'on vient chercher le chaland jusque dans la rue pour éviter que vous choisissiez le concurrent d'à côté. En temps de crise, c'est une méthode qui peut aisément se comprendre ; et vous client, vous sentez de suite très important. Charmé mais néanmoins peu naïf quant à l'attention soudaine que l'on vous porte, vous poussez tout de même la porte du Djerba. Une fois à l'intérieur de l'échoppe, celui que l'on suppose être le patron (à en croire sa faconde) vous accueille chaleureusement avec une batterie de "mon ami" et les inévitables serrages de main, ces codes comportementaux si spécifiques au métier. Voyant la salle vide, vous comprenez aussitôt le déploiement d'énergie dont vous aviez fait l'objet quelques instants plus tôt. Tant et si bien que la qualité de la relation commerciale dépend beaucoup de ces petites attentions à votre égard. Le Djerba l'a donc bien compris...

En revanche, si vous vous attendiez à déguster votre pitance dans un décor digne mille et une nuits, autant vous dire que vous pouvez repasser... voire même pas du tout. L'endroit est fonctionnel au possible, murs blancs d'un côté avec quelques "tableaux de maître" qui se battent en duel et glace murale de l'autre - on peut aisément soupçonner la "direction" de vouloir créer une illusion d'espace. Une petite fragrance d'eau de Javel témoignera d'une hygiène au rendez-vous. Même si bien sûr ce n'est pas suffisant pour vous convaincre de demander la main de votre future femme en ces lieux.

Nous ayant conduit jusqu'à notre table en nous présentant l'éventail des mets et des sauces (comme s'il s'agissait d'une bisque de homard), nous dispensant donc de nous en remettre à la carte un peu poisseuse, celui que l'on appellera Ali - le présumé patron, à moins qu'il ait occulté une possible acquisition de son établissement par un fonds d'investissement Qatari - on peut au moins dire qu'à travers ce personnage, le Djerba n'envisage la relation client autrement que d'une manière court-termiste. Et ça, ça fait plaisir !

Il ne nous aura pas fallu longtemps pour choisir notre mets. Il faut dire que le choix se fait bien souvent entre le kebab frites et la gallette frites. Les autres plats, certainement plus raffinés, font figure de curiosité ou de "caution" gastronomique sur la carte et mériteraient certainement un examen plus approfondi. Il faut dire que la fainéantise et le temps nous pousse à élire l'éternel kebab frites, meilleur moyen, comme je l'ai sans doute déjà dit, de conjuguer prix et remplissage optimal de l'estomac. Equation qui divise toujours bon nombre de praticiens. D'ailleurs, le serveur, que l'on notera Larbi, ne semble pas vouloir nous conseiller autre chose que le best seller de la maison. Une petite précision sur Larbi, étant le seul employé à ne pas porter l'uniforme blanc, serait-il en train de travailler au noir dans l'établissement de son cousin Ali (qui lui a réussi en France), et attendrait-il plus ou moins légalement ses papiers.

Livrons nous dès lors à une analyse technique du joyau en question et autant dire que sa qualité est inversement proportionnelle à l'idée qu'on se fait en voyant la devanture, un modeste kebab de quartier. Le tout e'st présenté dans le classique plateau, qui présente l'indéniable avantage de ne pas casser et donc de faire d'indéniables économies.

La suite à venir... en espérant vous tenir en haleine !

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01 février 2009

Un hommage au Jardin d'Istambul

Qui ne s'est jamais arrêté devant ce morceau d'Orient, littéralement happé par les divines fragrances qui, tels des chants de sirènes, vous entraînent presque malgré vous dans l'échoppe. L'invitation au voyage vous est déjà proposée par l’enseigne qui arbore fièrement "Spécialités Turques et Greques" (l'omission du "c" est-elle volontaire ?). Quoi qu’il en soit, jamais une enseigne n’aura prôné le rapprochement entre les peuples. Si seulement les choses pouvaient être aussi faciles en Chypre par exemple.

Vous avez maintenant les deux pieds dans l'auberge, le premier pas est donc fait. Mais vous aurez la tête ailleurs en découvrant une décoration qui évoque la nostalgie d'une Turquie si lointaine mais omniprésente. Moult cadres savamment disposés dans toute la salle vous feront découvrir un pays qui ressemble davantage à la Suisse qu'à la porte de l’Asie, comme en témoignent les bucoliques alpages verdoyants et sommets enneigés qui y sont représentés ; quant ce n'est pas les rives illuminées du Bosphore flanquées de ce grandiloquent pont en arrière plan...

Un "Bijour mon ami, sur place ou à emporter, salatomatonion, quelle sauce ?" vous tirera de vos rêves d'Orient et vous ramènera à la réalité du moment : vous êtes ici pour satisfaire un besoin physiologique à savoir manger un kebab.

Il est important de préciser que l'usage du "mon ami" est très important dans le métier car il tend à instaurer avec le "visiteur" une relation de fraternité voire de confiance qui vous met tout de suite à l’aise. Chose que l'on ne retrouvera jamais dans un fastfood. Dans une certaine mesure, on pourra même remarquer que cette phrase magique dédramatise la transaction commerciale sous-jacente. Toutefois, en vertu du statut haut de gamme que l'on confère volontiers à ce kebab, il est nécessaire de préciser que le "mon ami" est de plus en plus soumis à des restrictions relatives au type de chaland auquel on s’adresse. A ce propos, notons que le Jardin d’Istambul jouit d’une situation exceptionnelle (ciné Gaumont+Hôtel Ambassadeur***+Gare+Rue piétonne) qui favorise le développement d’une clientèle diversifiée qui n’est pas toujours rompue aux basses familiarités. Tout est question de doigté comme de mesure. Bref, fermons cette petite parenthèse sémantique.

Devant le choix cornélien et cruellement binaire que Sukür (maître de cérémonie, sommelier et gratteur) vous assène telle une énigme de résoudre, vous vous raisonnez et vous dites que l’ « expérience » ne peut être réellement complète sans vous être assis à une de ces tables. Rien que pour ressentir l’ambiance des mille et une nuits qui plane dans la salle, vous répondez donc tout de go : « sur place chef ».

Désormais assis à votre table, vous ne vous sentez pas oppressé par Mamoud (le serveur), qui vous offre tout le loisir d’explorer la profondeur et les trésors cachés dont la carte recèle. Je ne m’aventurerai à une énumération caduque de tout ce que propose le Jardin d’Istambul, je préfère vous laisser découvrir par vous-même.

Nul doute que le choix du béotien se portera sur le classique mais non moins efficace kebab frites. Celui-ci incarne en quelque sorte le placement de bon père de famille pour celui qui veut en plus de sortir de table la larme à l’œil, se remplir la panse à bon compte pour se payer le luxe de sauter le repas du soir.

Une fois le joyau commandé, vous êtes alors le spectateur privilégié de tout une mécanique qui se met en branle rien que pour vous servir le meilleur kebab en just in time. Et quelle émotion en voyant cheminer de la cuisine jusqu’à votre table le joyau fumant... Le produit lui même est tout bonnement magique : la viande baigne dans une osmose de sauce samouraï, d'oignons et de légumes qui ne provoque rien moins que la jubilation au premier coup de croc. On vient même à se demander quelle place tiennent réellement les frites dans cette équation.

Le moment de payer vous fait redescendre sur terre. Le visage sabré de son large sourire, le patron ne vous chargera que de 5 euros, ce qui est très compétitif en vertu du coefficient de remplissage à faire pâlir n’importe quel fast-food.

Le statut d’habitué - attribué selon des critères obscurs et révisables chaque année - vous permettra de vous asseoir à la table présidentielle. C’est l’ultime sésame pour celui qui veut débattre avec le patron et sa famille des sempiternels sujets qui divisent la Turquie, comme la situation des Kurdes, le président Erdogan ou pire encore, les derbys stambouliotes opposant Besiktas-Fenerbahce-Galatasaray. Et là vous pourrez vous dire : "Istambul est mon jardin".

En espérant voir convaincu les derniers réfractaires de la gastronomie turque…

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18 juillet 2007

Mange du kebab

Lil Maaz nous a sorti sur internet un clip exceptionnel sur le kebab : "mange du kebab".

Je vous laisse admirer.

http://fr.youtube.com/watch?v=wJV6Akwxlo8

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17 juillet 2007

L'Emir Sandwichs

Un jour en passant par Grenoble, je me dis que ce serait une hérésie que d'esquiver "l'appel du kebab" (comment définir ça d'ailleurs ?).

Bon, comme je connais pas la ville et que j'ai très faim, je ne fais pas le difficile, je me hasarde à suivre les senteurs d'Orient qui encensent quelques rues et qui me servent de guide dans cette jungle turque, grecque, arabe ou que sais-je... pas d'erreur, je me suis pas trompé de quartier, je vais trouver mon bonheur. Mais je ne sais pas où donner de la tête.

D'un seul coup j'en vois un, c'est pas le plus reluisant, mais je me sens comme un devoir d'y entrer, c'est l'attraction du kebab, rien à faire. C'est un tunisien, le patron pour vous servir, tout sourire :

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Deux tables, quelques chaises, l'espace est réduit au maximum et incite donc à la promiscuité. La décoration se résume à quelques petites annonces genre le cousin tunisien installateur des paraboles TV pas cher... Il ne me faudra que peu de temps pour m'apercevoir que suis le seul pélerin dans cette "kaaba" du kebab.

J'entends la télé qui gueule en haut du mur, c'est le patron qui jongle avec sa télécommande entre France-Ukraine et Tunisie-Seychelles (éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations, 5-0 au passage, un Trabelsi increvable...). Sur le but d'Anelka, il n'a jamais accepté qu'il n'était pas hors jeu ! Ca a failli tourner au vinaigre dans le kebab.

A noter aussi le caractère "champêtre" des lieux, la machine à kebab n'est pas derrière le comptoir, mais juste à côté des tables où on voit le patron s'affairer avec son couteau électrique à viande Moulinex. On sent le côté artisanal LOL.

Passons aux choses sérieuses, je me pose, je commande un kebab sans frites. Le kebab qui m'est servi offre la particularité étonnante de reposer dans une cagette en plastique en guise d'écrin, original et surtout moins cher qu'une assiette.

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Mais cela n'enlève rien à ses qualités gustatives, l'alchimie est bien présente, j'ai même failli en prendre un deuxième, faut dire dire aussi que le prix est relativement attractif : 3.30 euros sans frites et avec ça le thé offert par le patron sympathique.

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